La richissime apparatchik de l’écologie gouvernementale et officielle est partie illico en vacances dans sa villa classée de Sainte Maxime (à une ou deux piscines? j’attends toujours la réponse) et laisse les feux s’éteindre tout seuls.
Une fois de plus Macron a montré son inintelligence himalayenne (j’aurais du dire « olympienne » mais l’Olympe c’est pas si haut que ça) en refusant la démission de cette Barbut incapable autant qu’arrogante et paresseuse. Voulant faire voir à tout prix l’unité de son gouvernement à la Labiche, il lui fallait conserver cette pièce unique. Eut-il réfléchi juste quelques minutes, il l’eut remerciée en en faisant la chèvre-émissaire que réclament les médias et les vacanciers aux bungalows calcinés. Raté. On se demande ce que le Sous-Tout aura réussi en dix ans sinon, réussite exceptionnelle, à tous nous baiser deux fois.
PS Riche comme elle est, son collier n’est surement pas de cuivre. En revanche, elle a compris qu’à l’Elysée, la perruque était bien portée et même avec toupet.
Le fonctionnement en temps réel ou au moins très rapide de l’internet et des réseaux fait que la presse « papier » est quasiment toujours en retard et donc dépassée au moment où elle traite les faits. Il lui reste donc à « commenter », c’est-à-dire blablater. Les journalistes se font « éditorialistes » sentencieux et les pages « Débats et opinions » fleurissent. Comme en plus les investigations longues et approfondies coûtent cher, au mieux on envoie quelques mouches à merde ramasser des ragots
– voir Le Monde sur Arnault et LVMH et en fait tous les sujets. C’est le succès en différé de la méthode Plenel-Colombani: ils voulaient faire un journal d’investigations, ils ont produit une feuille à ragots tendancieux.
Dans le même temps, nous avons tous besoin de sites de référence et de contrôle.
Ce fut l’idéal du « fact-checking » ou d’une entreprise comme Wikipedia.
Le fact-checking a fait faillite car s’il est sérieux il est cher – on retrouve le problème du coût de l’investigation – et s’il est rapide, il consiste à aller vérifier auprès des autres mouches à merde: Le Monde vérifie dans le Guardian et Libération dans Mediapart ou le Monde.
Quant au modèle collaboratif Wikipedia, il s’est détruit lui-même en étant noyauté par des groupuscules de voyous politisés ou des Bouvard et Pécuchet se targuant d’un mastère de l’université de Petaouchnok ou diplômés de l’école de journalisme de Romorantin. Pour couronner le tout, les performances de l’intelligence artificielle, si on s’adresse à plusieurs prestataires, fournissent des éléments de fact-checking fiables et immédiats. Mortes donc les cellules de décryptage et vérification.
Il me semble qu’il va subsister en dehors des réseaux deux sortes de presse.
Tout ce que je viens de dire vaut évidemment pour la Presse audiovisuelle, dont chacun peut remarquer qu’elle tourne au débat permanent avec pitres obligés et experts de pacotille, ou dont les investigations sont menées par des mouches à merde (Cash investigation si heureusement nommé…).
Il est possible que les moteurs d’Intelligence artificielle, si nous savons les utiliser, fassent disparaître pas mal des problèmes que je viens de soulever.
PS Je laisse de côté la question passionnante des médias et des sites d’enquête et d’information qui font un admirable travail comme ISW (Institute for the Study of War), Bellingcat, Bulletin of the Atomic Scientists ou Wired car ce qui modifie la situation et notamment les questions de financement, c’est l’importance technologique, militaire et diplomatique des enjeux. On trouve plus facilement des financements dans des domaines cruciaux. En fait le financement de la démocratie n’intéresse pas grand monde, y compris chez les citoyens qui préfèrent payer Netflix, la Fifa ou Meetic.
Une presse locale et régionale car nous aimons les faits divers et avons besoin de savoir ce qui se passe autour de nous. Le journaliste localier sans prétentions fait plutôt bien et modestement son travail. En France La Dépêche, Sud-Ouest, Midi-Libre, les DNA, Ouest-France et le Parisien font ce travail de presse locale. De ce point de vue, Libération me semble devenu un excellent journal localier pour quelques tribus dispersées (teufeurs, trans, queer, technos). Il y a belle lurette qu’il en va de même avec des journaux comme La Croix ou l’Humanité, feuilles locales pour public de niche juste un peu dispersé.
Une presse de référence disposant de gros moyens, recrutant des journalistes compétents, sélectionnant sérieusement les jeunes journalistes pour éviter l’entrisme des voyous politisés ou corruptibles et prenant au sérieux un travail d’information. Quand on entend les insultes de Trump contre le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal, on se dit qu’il a de bonnes raisons de viser le travail de journalistes qui font professionnellement leur boulot. Nous n’avons rien de tel en France.
La dérive du Monde en a fait une poubelle idéologique. Le Figaro est meilleur mais il manque de moyens financiers pour des investigations lourdes et compense par une inflation des pages Débats idéologiques, bien trop fermées et pour le coup réac et bavardes avec toujours les mêmes « penseurs de l’actualité ».
Je me demande en fait si à l’échelle d’un petit pays comme la France, une organe de qualité disposant de moyens financiers importants est viable et doute donc que nous puissions disposer un jour de cette sorte de ressource. Quant à l’idéal de journal « européen »…