2026-09-08T09:51:10+02:00

PISA - Mathématiques, compréhension de l'écrit, sciences...

Publié par education-programme
Baptiste Larseneur, expert associé de l’Institut Montaigne, décrypte les piètres résultats des élèves français dans l’enquête Pisa menée en 2025.
 
Les résultats de 2025 comptent parmi les plus faibles jamais obtenus au test Pisa en France dans l'ensemble des trois domaines d'évaluation que sont les sciences, les mathématiques et la compréhension de l'écrit", constatent les analystes de l’OCDE.
La grande enquête internationale menée auprès de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays met en lumière, une fois encore, les failles de notre système éducatif. La France, même si elle se situe à peine dans la moyenne des autres pays de l'OCDE, reste largement distancée par les pays asiatiques - la Chine, Singapour, le Japon, la Corée - qui caracolent toujours en tête. Tandis que certains pays européens comme l'Estonie ou le Royaume-Uni, qui réussissent notamment à décrocher la quatrième et la sixième place en sciences, affichent eux aussi de bons scores dans les trois matières évaluées.
Pourquoi la France ne suit-elle pas cette tendance ?
Baptiste Larseneur, expert associé de l’Institut Montaigne spécialisé dans les questions d’éducation, décrypte les raisons de la baisse amorcée dans notre pays il y a une dizaine d'années.
 
L'Express : La baisse des résultats de Pisa 2025 est particulièrement importante en mathématiques et en compréhension de l’écrit. Pourtant, les différents ministres qui se sont succédé ces dernières années n’ont cessé de marteler leur volonté de remettre l’accent sur les "fondamentaux". Comment expliquer ce paradoxe ?
Baptiste Larseneur : Entre 2015 et 2025, la France a perdu 43 points en lecture et 35 points en mathématiques. Une baisse nettement plus marquée que celle observée dans les autres pays de l’OCDE, qui enregistrent en moyenne un recul de 27 points en lecture et de 24 points en mathématiques. Ce décrochage est extrêmement préoccupant. Il est vrai que, sur le papier, la France est le pays qui consacre le plus de temps à l’apprentissage des fondamentaux. Mais la question est de savoir ce qui se passe dans les classes. Le volume horaire affiché se traduit-il par autant de temps d’apprentissage effectif ? Et surtout, les pratiques pédagogiques mises en œuvre sont-elles efficaces ?
Nous savons que certaines habitudes dont l’efficacité est contestée par la science restent en vigueur dans les classes, comme les méthodes d’apprentissage de lecture inspirées de l'approche semi-globale. La difficulté tient surtout au fait que les résultats de la recherche ne sont pas suffisamment diffusés et appliqués dans l’ensemble du système éducatif. D’où l’importance de renforcer la formation initiale et l’accompagnement des professeurs, afin de rompre leur isolement et de mieux les guider dans leurs pratiques. Ce sont les enseignants qui forment le cœur du réacteur de notre système scolaire, c’est donc sur eux qu’il faut concentrer nos efforts.
 
L’enquête démontre que plus d’un élève de 15 ans sur trois en France n’atteint pas le niveau minimal de compétences, aussi bien en mathématiques qu’en lecture...
Le plus préoccupant est que tous les élèves sont touchés par cette baisse de niveau. La proportion de jeunes considérés comme "peu performants" a augmenté de 11 points en compréhension de l’écrit et de 12 points en mathématiques depuis 2015. Or on sait que la grande difficulté scolaire peut avoir des conséquences économiques considérables. Une étude de 2025 estime à 340 000 euros, sur l’ensemble de sa vie active, le surcoût pour la collectivité, d’un élève qui quitte le système éducatif sans diplôme.
Mais ce n’est pas le seul signal d’alerte. L’enquête Pisa 2025 montre également que la proportion d’élèves "très performants" a reculé de 7 points en compréhension de l’écrit et de 6 points en mathématiques sur une décennie. Or ce sont précisément eux qui, demain, seront susceptibles de porter l’innovation, de créer de la valeur et de contribuer au financement de notre modèle social. C’est à travers ces deux indicateurs, la capacité du système à faire progresser les élèves les plus fragiles et celle à faire émerger davantage d’élèves très performants, que l’on peut mesurer la qualité d’un système éducatif.
 
Comment inverser ces tendances ?
La priorité serait de prendre le problème à la racine en agissant dès la maternelle. Pendant trop longtemps, sous l’impulsion de l’Inspection générale de l’Education nationale, on a considéré qu’il ne fallait surtout pas "primariser" l’école maternelle et qu’il fallait avant tout privilégier le bien-être des enfants. Or ces objectifs ne sont pas incompatibles avec le fait de vouloir lutter contre les inégalités et la construction de l’échec scolaire le plus tôt possible.
On sait aujourd’hui qu’à quatre ans, un enfant issu d’un milieu défavorisé a entendu beaucoup moins de mots qu’un élève issu d’un milieu favorisé. Cette différence a nécessairement des conséquences sur le développement du langage, l’acquisition du vocabulaire, la connaissance des sons et plus largement, sur la manière d’aborder les apprentissages fondamentaux. C’est pourquoi nous proposons notamment, à l’Institut Montaigne, de dédoubler les classes de moyenne section de maternelle en REP (NDLR : Réseau d’éducation prioritaire) et en REP+, dans la continuité de ce qui a déjà été engagé ces dernières années en grande section, en CP et en CE1.
 
Les résultats sont très mauvais à l’échelle mondiale. Même les pays développés enregistrent un recul et peinent à inverser la tendance. A l’exception notable du Royaume-Uni, un des rares pays à tirer son épingle du jeu.
Rappelons aussi que la dernière cohorte d’élèves de 15 ans à avoir passé ces tests a, comme la précédente, été marquée par la crise du Covid-19. La trajectoire descendante de la France n’en demeure pas moins préoccupante.
Un autre constat aurait pu, à première vue, nous rassurer. Les auteurs de l’enquête Pisa soulignent qu’"entre 2015 et 2025, l’écart de performance en sciences entre les 25 % d’élèves les plus favorisés et les 25 % les plus défavorisés sur le plan économique s’est réduit en France". Mais ce rapprochement est en réalité trompeur : il s’explique par la baisse des résultats des élèves les plus favorisés, tandis que ceux des élèves défavorisés restent stables. C’est donc moins une réduction des inégalités qu’un nivellement par le bas. Nous peinons toujours à lutter efficacement contre les déterminismes sociaux et à garantir une véritable égalité des chances.
Dédoublement des classes, instruction obligatoire à trois ans, pacte enseignant… De nombreuses réformes ont pourtant été menées en France. Inutiles, voire contre-productives ?
Attention, toutes les mesures prises ces dernières années n’ont pas nécessairement eu d’incidence sur les résultats de la dernière cohorte d’élèves évaluée. Prenons l’exemple du dédoublement des classes : lorsque la réforme a été mise en place par Jean-Michel Blanquer, ces élèves étaient déjà en CE2. Ils n’en ont donc pas bénéficié. De même, ils n’ont pas été concernés par les mesures annoncées par Gabriel Attal dans le cadre de son "choc des savoirs", ni par le pacte enseignant instauré sous Pap Ndiaye.
Les conclusions de la dernière enquête Pisa sont davantage le reflet des politiques éducatives engagées sous François Hollande par Vincent Peillon et mises en œuvre par Najat Vallaud-Belkacem.
Il faudra attendre la prochaine édition, dans quatre ans, pour mesurer l’efficacité des réformes mises en œuvre sous les quinquennats d’Emmanuel Macron, notamment celles consacrées à l’école primaire. Si l’on ajoute à cela la diminution progressive des effets de la crise du Covid-19, une amélioration des scores n’est pas à exclure. Reste à savoir si cette éventuelle remontée permettra à la France de faire mieux que la moyenne de l’OCDE, ou si elle se contentera de suivre la tendance générale.
publié le 8 septembre à 10h05, Propos recueillis par Amandine Hirou, L'Express

Voir les commentaires

2026-08-22T10:33:44+02:00

LES FRAC DÉTESTENT LA PEINTURE FIGURATIVE

Publié par education-programme

Cet article est reposté depuis Le Ministère de la Culture.

Voir les commentaires

2026-08-14T08:39:36+02:00

Point de vue !

Publié par education-programme
Réponse d’un Australien à la diatribe de Trump, selon laquelle « l’OTAN n’a pas été là pour l’Amérique », est parfaite.
« Écoute, l’ami. Tu diriges un pays où 600 000 sans-abris dorment dans la rue ce soir. Un pays où 40 % des adultes ne peuvent pas faire face à une dépense imprévue de 400 dollars sans emprunter de l’argent. Un pays où l’insuline coûte plus cher qu’une mensualité de crédit auto et où les gens la rationnent pour survivre. Un pays où les dettes médicales sont la première cause de faillite. Un pays où des femmes meurent sur les parkings des hôpitaux parce que les médecins, trop effrayés par les lois sur l’avortement, n’osent plus traiter une fausse couche.
Tu emprisonnes plus de tes propres citoyens que n’importe quelle autre nation sur Terre. Plus que la Chine. Plus que la Russie. Plus que la Corée du Nord. Le « pays de la liberté » enferme 2 millions de personnes dans des cages, et un quart d’entre elles n’ont même pas été reconnues coupables de quoi que ce soit. Elles sont juste trop pauvres pour payer leur caution.
Votre espérance de vie recule. Vous êtes la seule nation développée où cela se produit. Votre taux de mortalité infantile est pire que celui de Cuba. Vos enfants font des exercices de simulation de fusillade entre les cours de maths et d’anglais, pendant que tu vends des actions d’armuriers à tes copains.
Votre salaire minimum n’a pas bougé depuis 15 ans. Vous avez des enseignants qui cumulent deux emplois et des anciens combattants qui dorment sous les ponts, alors que vous venez de dépenser mille milliards de dollars pour raser un pays qui ne vous avait pas attaqués.
Et vous avez un agitateur gâteux — condamné par la justice, reconnu coupable de viol, protecteur de pédophiles et amateur de stars du porno — qui mène la campagne de guerre la plus désastreuse et chaotique depuis que les talibans en Afghanistan vous ont chaleureusement remerciés d’avoir encore une fois perdu.
Et tu oses dire que le Groenland est mal géré ?
Le Groenland dispose d’un système de santé universel. D’une éducation gratuite. De l’un des taux d’incarcération les plus bas au monde. Personne n’y fait faillite parce qu’il est tombé malade. Personne n’y meurt dans une salle d’attente parce que son assurance a refusé la prise en charge.
« L’OTAN n’était pas là quand nous en avions besoin. » C’était quand exactement, champion ? Le 11 septembre ? Parce que l’OTAN a invoqué l’article 5 pour la première et unique fois de son histoire POUR VOUS. Des soldats venus de dizaines de pays se sont déployés, se sont battus, ont versé leur sang et sont morts en Afghanistan POUR VOUS. L’Australie ne faisait même pas partie de l’OTAN et nous avons quand même répondu présent. Pendant 20 ans. Et vous vous êtes barrés à 2 heures du matin sans prévenir personne, en laissant tout le monde se démerder avec le bordel.
Alors, avant de dire que d’autres pays sont mal gérés, balaye un peu devant ta porte, espèce de vendeur de poubelles en alu peinturluré en orange. La seule chose qui est mal gérée dans toute cette histoire, c’est ta putain de grande gueule. »

Voir les commentaires

2026-08-12T13:41:44+02:00

FRAC, les institutions ne sont pas éternelles

Publié par education-programme

Cet article est reposté depuis Le Ministère de la Culture.

Voir les commentaires

2026-08-06T08:38:24+02:00

Pétitions en ligne et poudre de perlimpinpin

Publié par education-programme
Un remède prétendument miraculeux mais totalement inefficace ?
Suspendu depuis six mois, le projet de nouveau pavillon d’accueil à l’Assemblée nationale retrouve du souffle. Validé par la mairie de Paris à la mi-juillet, l’espace en verre a pourtant réuni 65 000 signataires d’une pétition contre lui.
Rendu public cette semaine, la mairie de Paris a accordé son feu vert à un projet de nouveau pavillon d’accueil au Palais-Bourbon. L’A-venir, c’est son nom, est un bâtiment de 4 000 m² en verre voulu par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
Nombreux sont ceux pour qui le projet ne trouve pas grâce, comme l’explique Baptiste Gianeselli, "lanceur-d’alerte" des monuments historiques dans Le Parisien : "Délirant. Et scandaleux, car les règles de protection de ce site vont être modifiées pour permettre la construction de ce truc."
Un premier permis de construire déposé en juin 2025 avait été retoqué car il enfreignait les règles d’urbanisme qui protègent ce secteur de la capitale française. Une fois retiré, il a donc fallu l’intervention du préfet d’Île-de-France afin de solliciter une modification du Plan de sauvegarde et de mise en valeur directement par la mairie de Paris.
De son côté, Yaël Braun-Pivet s’est déclarée stupéfaite de la polémique pour un projet voulu par tous ses prédécesseurs. Le bâtiment doit accueillir une cafétéria, une boutique, un auditorium, des espaces en sous-sol pour un coût total estimé à 52,8 millions d’euros. Bref ! Un lieu de propagande afin de soigner l'image et le confort des élus.
 
Les pétitions en ligne fonctionnent comme un moyen de mobilisation symbolique et donnent l’impression d’agir, mais ne produisent pas d'effet concret. Elles sont donc un rituel de participation plus qu’un instrument de transformation démocratique. Elles agrègent des signatures, des émotions, des indignations, mais sans contrainte juridique ou autre. Le geste donne une satisfaction morale, mais ne modifie pas les décisions.
Une pétition n’oblige aucune autorité à agir et ressemble davantage à un rite collectif où l’on exprime l’impuissance en la déguisant en participation, ça donne bonne conscience ! La démocratie à encore du chemin à parcourir.

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog