C. Robert-Muller A. Allix - 1925 / réédition aux Presses Universitaires de Grenoble
Ceux qui ont vécu leur enfance entre les deux guerres dans les campagnes se souviendront sûrement de ce pittoresque personnage qui sillonnait les villages et les hameaux, la balle au dos. Ils ont été à la fois fascinés et vaguement inquiétés par cet inconnu sans âge, buriné par l'air des grands chemins, qui sortait de son grand sac les menues merveilles de la bibeloterie et de la mercerie. L'homme venait le plus souvent des montagnes d'Oisans et le colportage fut pendant des siècles un phénomène typique de cette région. Le Colporteur, pour cause de concurrence sédentaire, préférait toujours le bourg à la ville. Tant que le pays porte plus d'habitants que ses ressources n'en peuvent nourrir, et tant qu'il n'est pas traversé par des courants d'échanges, il faut que les habitants emploient à gagner de la monnaie le temps de la morte saison agricole, prolongée dans les départements de l'Isère et des Hautes-Alpes en un hiver rigoureux de 6 mois. Une partie importante des hommes se trouve ainsi dans l'obligation vitale de migrer vers d'autres lieux, plus ou moins éloignés, afin de gagner quelque argent ou, pour le moins, de ne plus être à la charge de la famille. L'ouvrage, cité en référence, mentionne que dans la Nièvre le village de Clavans compte un colporteur à Rouy. Il s'agit sans doute de Louis-Didier Veyrat 1835-1897, colporteur sédentarisé et marchand de tissus dans le village. Le patronyme VEYRAT se trouvera rapidement simplifié en s'écrivant VERAT. A l'apogée du colportage, au milieu du XIXème siècle, et pour ne citer que ceux dont la mémoire publique est sure, 27 colporteurs partent de Clavans pour parcourir la Nièvre et particulièrement la bordure du Morvan. Les Turc, les Veyrat, les Giraud, les Balme... possèdent quatre ou cinq maisons et quelques-uns ont conservé des rapports avec le pays d'origine, ils ont parfois attiré des parents et des compatriotes. Certains colporteurs n'ont pas hésité devant l'expatriation lointaine. Tels les Veyrat de Valencia qui ont fondé là-bas des pépinières ou, toujours en Espagne, les Veyrat de Malaga.
Michèle VERAT - J'ai peut-être quelques éléments de réponse. Didier VEYRAT (1785-1855) cultivateur et Maire de Clavans le Haut, était marié avec Jeanne RIBOT (1797-1845), fille de Pierre RIBOT, marchand, consul, receveur des tailles à Clavans. Louis Didier VERAT fils de Didier VEYRAT parti de Clavans comme colporteur avec un cousin Jean ARNOL, entre autre, s'installa à Rouy et se maria avec Marie COTTARD de Fertrève. C'est lors de son mandat de Maire à Rouy, que le Y a disparu. J'ai des documents, notamment des extaits de naissances, mariages et décès des VERAT, surtout ceux de Rouy. J'ai aussi des documents sur les RIBOT de Clavans qui m'ont été remis lors de notre passage à Clavans en 2012, par Monsieur Xavier GONORD, propriétaire de chambres d'hôtes à Clavans le bas, un passionné de l'histoire du village.
Père de Didier VEYRAT/Jeanne RIBOT = Jean VEYRAT (1736-1795) marié à Marguerite BERARD. Le grand-père : Julien VEYRAT (1711-1771) marié à Catherine AUBERT. L'arrière grand-père : Jacques VEYRAT né vers1690 puis décédé avant 1771.
Antoine VEYRAT, maire de Clavans en Haut Oisans de 1832 à 1838.
Le rouennier, vocable qui vient de Rouen, ville de tissage, vend : toile, drap, torchons, vêtements... qu'il achète généralement à Voiron, Lyon ou encore dans le Nord. Cette marchandise, relativement lourde, oblige le colporteur à s'équiper d'un mulet ou d'un cheval.
Emile VEYRAT, établi dans la Nièvre, possède ainsi deux charrettes.
A Clavans, en 1886, 67 colporteurs faisaient vivre 72 familles et 19 merciers parcouraient la Nièvre. La pratique du colportage atteint son apogée entre 1880 et 1890, pour décliner rapidement jusqu'à la veille de la guerre 14-18. Entre 1851 et 1982, Clavans perdra 88% de sa population.