2016-04-05T17:53:16+02:00

Le Puits du Bourg

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Le Puits du Bourg

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2016-04-04T05:32:31+02:00

Bombardement du 16 juillet 1944

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L'opération des Alliés visait le réseau ferroviaire et a fait 163 victimes civiles.

Le 16 juillet 1944, entre 1h45 et 2h09, une pluie de bombes a été larguée sur la cité ducale. Essentiellement sur le site de la gare ferroviaire, mais aussi sur différents quartiers de la ville. Ces derniers n’ont pas été volontairement ciblés, mais véritablement victimes d’erreur d’appréciation, de confusion autour du balisage au sol de l’opération aérienne.
Neutraliser la gare
Les conséquences ont été tragiques. Cent soixante-trois Neversois ont péri, auxquels se sont ajoutées vingt-une victimes parmi les soldats allemands.
Partis de différents aéroports britanniques, pas moins de 104 bombardiers Avro Lancaster III et I et quatre bimoteurs DH Mosquito chargés du marquage au sol, se sont présentés sur Nevers cette nuit-là. Une impressionnante armada volante, dont la formation s’étirait sur quatre-vingts kilomètres de longueur.
Les recherches historiques et militaires les plus récentes de l’association Nièvre aux Armées, menées sous l’impulsion de Jean-Luc Culié son président, viennent en contrepoint définitif à quelques thèses anciennes. Le bombardement de certains quartiers de la ville ne faisait absolument pas partie des objectifs de la mission. Il fallait « neutraliser la gare ». Qui plus est, selon les rapports de retour de mission des pilotes, Nevers n’abritait pas de Fliegerabwehrkanone (FLAK), canon antiaérien allemand. La seule riposte venant du sol s’étant manifestée par des tirs d’armes légères…
 
Le commandant de cette opération aérienne a été confié au Wing Commander Porter. Cette attaque s’inscrivait dans une opération d’ensemble afin de détruire les points stratégiques, en l’occurrence ferroviaires et de ralentir d’autant la remontée des troupes allemandes, vers le front de Normandie qui, pour les forces alliées, n’était pas encore stabilisé.
Le bombardement des gares, comme à Nevers, a été effectué essentiellement avec des bombes à retardement (lighting delayed bombs), réglées jusqu’à 144 heures pour certaines. L’objectif étant, qu’effrayés par l’effet “cascade” des éclatements imprévisibles, les Allemands ne puissent pas remettre en état les routes ou voies détruites.
Au final, suite à d’importants décalages à l’est du point principal d’objectif liés à des erreurs de balisage au sol, les dégâts aujourd’hui dits collatéraux, ont été très importants. Touchant plusieurs quartiers du centre-ville neversois : École Normale, cathédrale, lycée… Puis l’avenue de la Gare, le journal La Tribune, la Maison du Peuple, le garage Peugeot, la Chaumière, les abords de la Porte du Croux… L’impact sur la population civile a finalement été très important. Un objectif militaire, au final, au lourd tribut humain de 163 personnes.
 
jean-michel.benet@centrefrance.com
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944

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2016-04-04T05:12:03+02:00

Quelques vues de Nevers

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Patisserie Muzerelle rue du Commerce

Patisserie Muzerelle rue du Commerce

Maison Idoux spécialisée dans la vente de fromage

Maison Idoux spécialisée dans la vente de fromage

Place Saint-Laurent

Place Saint-Laurent

rue de Nièvre

rue de Nièvre

Quelques vues de Nevers
rue du Singe ou rue Aublanc ?

rue du Singe ou rue Aublanc ?

Rue Aublanc, haut lieu de débauche à Nevers au XIXe siècle : pas une maison qui n’hébergeait une ou plusieurs prostituées. Tolérance.

Les ligues de vertu n’ont pas disparu. Soixante-dix ans après que Marthe Richard a fait fermer les maisons closes, le Parlement vient de voter la pénalisation des clients. Plus qu’une réponse à une question de morale ou de dignité humaine, il faut y voir le dernier avatar en date de tentative de réglementation d’un fait social universel.

Car si c’est une prostituée ayant refait sa virginité de dignité qui a fermé les maisons closes, c’est le Consul Napoléon Bonaparte qui avait fait le choix de la tolérance, en 1804, après avoir rendu, deux ans plus tôt, obligatoire la visite sanitaire des filles de joie pour lutter contre la syphilis.

109 prostituées recensées en 1883 dans la Nièvre

Une préoccupation sanitaire récurrente au fil du temps, dont on trouve trace pour Nevers dans un ouvrage de Guy Thuillier. En 1826, le colonel commandant le régiment de cavalerie se plaint régulièrement de l’absence de surveillance médicale pour les quinze prostituées de la ville : « Ne pas soigner les militaires vénériens et les filles publiques, c’est risquer de propager ce fléau destructeur et d’en établir le foyer dans Nevers, ville destinée à conserver à peu près dans tous les temps une garnison nombreuse » et apte à guerroyer, s’entend.

Dans un ouvrage d’une grande exhaustivité pour l’époque, le chirurgien Armand Després a livré, en 1883, des indications précieuses sur ce qu’était la prostitution en tout lieu de France, Nièvre comprise. On y apprend que Nevers compte onze maisons closes, Cosne une, Decize une également, mais qu’il n’y a pas de prostitution à Clamecy. La maison close de Decize compte quatre pensionnaires, celle de Cosne six, les onze de Nevers 38. Il faut aussi comptabiliser 21 filles, dites “en carte”, qui travaillent chez elles, et quarante irrégulières dites “libres”. Au total : 109 prostituées recensées dans la Nièvre.

Rue Aublanc, le Cristal Palace (notre photo à la Une) fut même le théâtre d’un meurtre retentissant, en 1936, où l’amour s’égara.On doit à la marotte du Neversois René Renaud (qui a fait don de ses recherches aux Archives départementales) pour la prostitution un inventaire d’une grande précision des maisons closes à Nevers. Représentons-nous toutes les maisons de la rue Aublanc, décrite par François Lechat dansNevers pas à pas,« tortueuse, mal bâtie, mal fréquentée à cause des gros numéros » comme autant de bordels officiels. Un seul exemple : en 1876, 14 filles au seul numéro 63 de la rue Aublanc. Il y en avait aussi aux numéros 64, 65, 66, et 67. La rue de la Boullerie (un seul l à l’époque) n’était pas en reste avec quatre filles au numéro 28 et huit filles au numéro 3.

Une des conséquences de la loi Marthe Richard fut l’augmentation phénoménale du nombre de bordels clandestins. Depuis que les députés ont décrété au début du mois la pénalisation du client, les hôteliers se frottent les mains. Comme pour Sisyphe, le combat des ligues de vertu continue…

Jean-Christophe Henriet/ lejdc.fr

rue Saint-Martin, avant - après...
rue Saint-Martin, avant - après...

rue Saint-Martin, avant - après...

Quelques vues de Nevers
Quelques vues de Nevers
Quelques vues de Nevers
Quelques vues de Nevers
C'était quand même mieux avant !

C'était quand même mieux avant !

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2016-04-03T03:46:59+02:00

Pilleurs d'Etat

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Imprimé à Clamecy par Laballery SA

Pilleurs d'Etat

C'est le plus gros scandale d'évasion fiscale de l'histoire : que sont les Panama Papers ?

Des décennies de montages financiers opaques refont surface : 106 journaux internationaux publient tout au long de la semaine le fruit de neuf mois d'enquête sur les fuites d'un cabinet panaméen.

Les chiffres suffisent presque à caractériser l'importance de cette fuite. Les "Panama Papers", ce sont près de 11,5 millions de documents, piratés dans les archives d'un "champion du monde" de la création de sociétés offshore : le cabinet panaméen Mossack Fonseca.

Le tableau esquissé à travers ces fichiers, qui remontent à la création du cabinet en 1977, est à peine croyable : plus de 214.000 entités "offshore" créées ou administrées par cette seule société sur 38 ans, dans 21 paradis fiscaux différents et pour des clients de plus de 200 pays. Et ces clients ne sont pas n'importe qui : 12 chefs d'Etat dont 6 en activité, 128 responsables politiques et hauts fonctionnaires de premier plan du monde entier, et 29 membres du classement Forbes des 500 personnes les plus riches de la planète. Comme dans les affaires WikiLeaks ou UBS Leaks, ces révélations proviennent de l'initiative individuelle d'un lanceur d'alerte. Tout commence début 2015, lorsque des journalistes du quotidien allemand "Süddeutsche Zeitung" commencent à enquêter sur le rôle de Mossack Fonseca dans la fraude fiscale présumée de la Commerzbank, deuxième banque d'Allemagne.

Face à cette masse de données dont l'authenticité ne fait plus de doute, la rédaction du quotidien munichois décide d'appeler à l'aide de l'ICIJ, le Consortium international de journalisme basé à Washington. "Le Monde" participe à ce gigantesque travail commun, aux côtés de médias indiens, suisses, russes, américains, brésiliens ou japonais.

Les révélations paraîtront en feuilleton tout au long de la semaine. Néanmoins, on sait d'ores et déjà que le président russe Vladimir Poutine, par le biais de son entourage, la famille al-Assad en Syrie ainsi que le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson, font partie des chefs d'Etat éclaboussés par le scandale. Le sommet de l'Etat brésilien serait également concerné.

Le monde du football n'est pas en reste. Des sociétés offshore créées par les Français Michel Platini (ex-président de l'UEFA) et Jérôme Valcke, récemment suspendus de la Fifa, figurent dans les fichiers. Le footballeur argentin Lionel Messi est également cité pour l'affaire portant sur ses droits à l'image.

Panama Papers: "La classe économique et politique française est concernée"

Des révélations spécifiques sur la France, mais aussi sur le milieu bancaire mondial, le continent africain et la Chine, suivront au fil de la semaine.

Le Panama est considéré internationalement comme une plaque tournante du blanchiment d'argent, et le cabinet Mossack Fonseca, implanté dans le petit pays d'Amérique centrale, s'est spécialisé dans la création de sociétés-écrans dans les paradis fiscaux qui permettent à leurs propriétaires de dissimuler leur identité grâce à des prête-noms. Toutes ces sociétés ne sont pas illégales et l'argent propre côtoie l'argent sale, l'argent gris, celui de la fraude fiscal, côtoie l'argent noir - celui de la corruption et du crime organisé.

Ce brassage indifférencié et cynique explique qu'on retrouve aussi bien grandes fortunes, stars du football, chefs d'Etat corrompus et réseaux criminels parmi les clients de la compagnie. Tous n'ont pas le même niveau de dissimulation : les clients qui veulent se rendre complètement indétectables s'abritent derrière trois ou quatre sociétés imbriquées les unes dans les autres, créées si possible dans des paradis fiscaux différents. Les courriels des employés de Mossack Fonseca confirment que les artisans de l'offshore parviennent toujours à conserver un coup d'avance sur les tentatives de régulation mondiale. La multiplication des intermédiaires fournit un argument tout trouvé au cabinet, qui, mis en accusation, renvoie la responsabilité vers les quelque 14.000 opérateurs (banques mondiales, fiduciaires, gestionnaires de fortune) qui mettent ses clients en relation.

Dans un récent entretien accordé à la télévision panaméenne, le cofondateur du cabinet, Ramon Fonseca, comparait son entreprise à une "usine de voitures". Un constructeur automobile doit-il répondre des forfaits commis par les criminels qui roulent dans ses voitures ?

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