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Lettre ouverte à mon Conseiller Société Générale
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Merci d’avoir, cette fois par courrier postal, consacré un peu de votre précieux temps à m’apporter réponses.
Tout d’abord, je note l’unité de langage des cadres-salariés de la Société Générale. Faut-il s’en étonner ?
Ensuite et à moins d’une Révolution, rien de neuf dans les arguments avancés qui s’inscrivent parfaitement dans un choix d’une société qui s’oriente vers :
- Une classe de sans emploi, plus ou moins subventionnée, afin de pouvoir continuer à consommer des produits courants et bon marché.
- Une classe moyenne en nombre plus réduit.
- Et, bien entendu, une classe peu nombreuse de riches privilégiés qui généralement pense et décide pour tous.
Pour l’instant, c’est ainsi ! Il ne reste plus qu’à connaître à quel moment ce modèle créera ses inévitables tensions ?
To: arnaud.jacquemin@socgen.com
Subject: Agence de Nevers
Monsieur le Secrétaire Général,
Je me suis permis de poser deux questions à mon Conseiller Société Générale de l’agence de Nevers, hélas restées sans réponses probantes.
Je ne suis pas sans connaître l’intention de la Société Générale de fermer un bureau sur cinq. Opération sans doute “rentable” à court terme mais vos salariés sont aussi vos clients.
On peut également préférer au contact humain celui du robot et, plutôt que d’assurer un emploi pour chacun, choisir de plus ou moins subventionner - afin que la machine économique continue de fonctionner - toute une population devenue inactive. C’est un choix de société mais celui-ci s’inscrit-il vraiment dans le sens de l’”intérêt général” pour reprendre une locution si chère à nos Politiques ?
Vos Directeurs de Nevers, à leur tour, ont essayé de m’expliquer le bien-fondé de ces fermetures programmées en soulignant notamment que la Société Générale évoluait dans un sens souhaité par la majorité des clients, que ces derniers recherchaient surtout des conseils.
Cependant, je réitère mes deux questions restées sans suite :
- Quelle différence reste-t-il entre une banque en ligne, avec carte de paiement gratuite, et la Société Générale avec cette même carte mais payante ?
- A terme, ne craignez-vous pas pour les emplois et pour l’existence même du bureau de Nevers ?
Je rappelle qu’à Nevers, outre un compte-courant payant depuis l’année dernière, le service dudit guichet a déjà été réduit à une demi-journée.
From: PARTICULIERS Espace
Sent: Tuesday, January 24, 2017 5:38 PM
Société Générale : Votre demande concernant votre courrier
Bonjour Monsieur,
Je vous informe que pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons répondre à ces questions.
Je vous invite à prendre rendez vous physiquement avec votre conseiller en agence.
Pour gagner du temps et contacter votre conseiller en toute sécurité vous avez la possibilité d'utiliser votre messagerie accessible à partir de la rubrique "Accès à vos comptes" depuis internet ou l'application Société Générale. Obtenez plus de détails en cliquant sur le lien :
https://particuliers.societegenerale.fr/essentie l_quotidien/banque_distance/services_mobiles/application-iphone-android.html< /p>
Je vous remercie de votre confiance et je vous souhaite une bonne journée.
Cordialement.
Service Client Société Générale.
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lettre a mon conseiller - C'est la vie ! Images d'archives
Cher Conseiller, Chaque année la Société Générale nous envoie aimablement un nouveau tarif qui nous met devant le fait accompli de hausses, concernant le plus souvent des services nécessaires...
http://education-programme.over-blog.com/search/lettre%20a%20mon%20conseiller/
2017-02-05T16:31:21+01:00
1917 Ma chère petite femme
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? Le 4 Novembre 1917
Ma chère petite femme,
Mon voyage s'est bien effectué. Je t'ai d'ailleurs adressé une carte en cours de route. Je suis en effet descendu à cet endroit pour profiter d'une auto de l'armée venue pour chercher mon compagnon de voyage. Cela m'a permis d'arriver dans la ville avant la tombée de la nuit.
Pauvre ville, combien changée en un mois. Je me suis rendu chez des gens qui m'avaient déjà hébergé mais peu s'en fallait pour que je ne retrouve pas la maison. Quatre maisons voisines sont absolument démolies. Il n'en reste plus que les décombres.
Aussi, les propriétaires ne viennent plus chez eux que le jour et la nuit ils vont coucher ailleurs. Ils m'ont donné la clé. J'ai couché seul dans la maison où j'ai d'ailleurs très bien dormi. Aujourd'hui, après pas mal de brouillard, il fait assez beau temps mais frais.
Je n'ai pas encore pu me renseigner au sujet de la vareuse. Demain je serai plus à même et verrai mes officiers.
Hélas, quelle triste vie et cependant je ne suis pas parmi les plus mal partagés. Mais c'est tout de même long. Nous nous étions mariés afin de vivre une vie paisible et tranquille, mais ce fléau vient nous séparer pour ne plus nous permettre que de nous revoir que de temps en temps, comme des collégiens en vacances.
Notre amour cependant n'en faiblit pas ; tu l'as encore constaté lors de ma dernière permission pendant laquelle nous avons passé de bonnes journées. Maintenant je t'embrasse de tout coeur, en te remerciant aussi de toutes tes bontés. Tu es une bonne petite femme va ! Je t'aime tu le sais bien.
Tu me demandes toujours : qu'est-ce que l'on dit à sa petite femme ? Maintenant je vais te répondre : qu'est-ce que l'on écrit à son petit mari et je vais attendre impatiemment ta chère lettre.
Encore mille bons baisers de ton mari qui t'aime.
Ludovic
Lettre qui est passée par la Censure n° 3981.
Suivant la consigne, le militaire ne donne aucun détail de l'endroit où il se trouve.
Le 6 Novembre 1917
Ma chère petite femme,
Encore un mois qui se finit et sans pouvoir apporter une solution.
Les lettres doivent être remises le matin, de très bonne heure, alors, craignant de n'être pas prêt je trouve beaucoup plus prudent de prendre la plume dans la journée.
Nous pataugeons pas mal dans la boue bien que, paraît-il, il y a quelques jours c'était encore pire. La température, les nouvelles, le bruit du canon, vous donnent le cafard. Les longueurs de la guerre nous font craindre que nous ne pourrons pas reprendre une vie normale avant peut-être longtemps. J'ai lu un communiqué boche dans un journal anglais. Il parle de 200 000 prisonniers et 1 800 canons pris sur le front italien. Le journal anglais ne faisant pas de commentaire, je suppose que ces chiffres doivent être considérés comme à peu près exacts. C'est un vrai désastre !
Ici c'est la vraie vie des camps. Par le beau temps cela va encore à peu près, mais avec la pluie et la boue c'est épouventable. De plus, je n'ai à peu près rien à faire en sorte que le temps est d'autant plus difficile à passer. Je lis et relis le même journal, lisant souvent entre les lignes. C'est triste quand on pense que l'on pourrait être si bien ailleurs, mais on parvient à se consoler en pensant que d’autres sont beaucoup plus malheureux que soi.
Par cette phrase que je te sers si souvent, je t'embrasse de tout coeur bien affectueusement.
Ton petit mari qui t'aime.
Ludovic
Je t'embrasse encore avant de faire partir cette lettre. Il pleut encore ce matin. C'est désolant.
Lettre contrôlée par la censure n° 3981



















































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