C'est la vie ! Images d'archives

Résultat pour “cnrs”

L'Argent public n'a pas de prix !

5 Juillet 2015 , Rédigé par education-programme

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Après le CNRS de Garchy, le Centre de Gérontologie de Pougues.

La visite, en principe interdite, reste possible par le sous-sol mais il faut prévoir une lampe électrique.

Constat : L'argent public n'a pas de prix mais, après tout, cela coûte moins cher qu'une guerre et quelques-uns pourront toujours continuer à voter pour avoir de nouvelles lois plus utiles les unes que les autres, pour l'intérêt général, ou encore pour une redistribution dudit argent public, en sachant toutefois que celui-ci ira en priorité aux élus et fonctionnaires pour couvrir leurs nombreux frais.

L'Argent public n'a pas de prix !
L'Argent public n'a pas de prix !

Free-party à Garchy : "on est super cool nous, il n'y a pas de soucis"
Axel Schneider, substitut du procureur de la République de Nevers, Jean-Pierre Condemine, préfet de la Nièvre en compagnie de deux participants à la free-party et d'un gendarme. - Daniel GOBEROT
A Garchy, depuis ce mercredi matin 30 décembre, des gens investissent les anciens locaux du CNRS pour une "free-party". Vers 17 heures, ce mercredi 30 décembre, les raveurs continuaient d'affluer sur le site tandis que, au même endroit, le préfet de la Nièvre, Jean-Pierre Condemine, constatait "l'illégalité" du rassemblement.
Combien de temps vont-ils rester ? Que vont-ils faire ? Quelle philosophie les accompagne ? Des questions auxquelles deux participants à la free-party de Garchy -qui ont souhaité garder l'anonymat- ont répondu devant notre caméra.
Le préfet de la Nièvre Jean-Pierre Condemine s'est rendu sur place en fin d'après-midi. Le site choisi, l'ancien CNRS, se trouve à proximité d'un site classé Seveso. C'est la principale raison pour laquelle il a pris un arrêté d'interdiction de ce rassemblement festif.
Pour assurer la sécurité de tous, un dispositif particulier est mis en place, que le préfet détaille...
Dans ce cadre, la Croix-Rouge est mobilisée. Des moyens arrivent de Côte-d'Or et de Lyon pour faire face à cette population croissante. Catherine Jeaunet, présidente de la section locale de la Croix-Rouge de Nevers, en précise les contours :
Dix mille raveurs attendus sur l'ancien site du CNRS à Garchy.
Les anciens terrains de Centre national de recherche scientifique de Garchy sont occupés depuis ce matin par mille raveurs, venus participer à une free party. Dix mille personnes sont attendues jusqu'à dimanche.
Près de mille raveurs sont actuellement rassemblés sur l'ancien site du Centre national de recherche scientifique de Garchy pour une free party qui devrait, selon des participants, accueillir près de dix mille personnes jusqu'à dimanche.
Toutes les routes d'accès aux terrains de la fête sont surveillées par des dizaines de gendarmes qui procèdent à des contrôles d'alcoolémie, d'identité et des dépistages de produits stupéfiants. Les premiers raveurs sont arrivés en fin de nuit pour une gigantesque fête autour de la techno.
Le préfet a interdit la manifestation, par arrêté" en fin d'après-midi.

lejdc.fr/ Alice Chevrier

L'Argent public n'a pas de prix !
Depuis la fermeture du Centre, fin 2014, les dégradations deviennent conséquentes

Depuis la fermeture du Centre, fin 2014, les dégradations deviennent conséquentes

Architectes : Armand Inconnu - P. et A. Coquet - 1970-1971

Architectes : Armand Inconnu - P. et A. Coquet - 1970-1971

L'Argent public n'a pas de prix !
La chaufferie

La chaufferie

L'atelier de maintenance

L'atelier de maintenance

La loge du concierge

La loge du concierge

Bonne nouvelle, le Centre de Gériatrie du Centre Hospitalier de Nevers, situé au nord de la ville dans une zone verdoyante, mais très isolée, déménage en 2015. Il intégrera l’ancien hôpital Colbert réhabilité, en centre ville. Classé, Unité de Soins de Longue Durée, il ne reçoit que des résidents aux pathologies assez lourdes. Son bâtiment actuel, sans âme des années 60, n'est plus aux normes. Les chambres sont toutes doubles non équipées de douche privative. Les lieux de vie ne manquent pas, mais l'ambiance est très froide. Le point fort est la plate-forme de soins, très complète avec médecin coordonnateur, infirmières 24h/24, aides-soignantes, pédicure, ergothérapeute et psy à demeure. Les animations sont régulières et adaptées, d’ordre manuel, physique, ludique, ou intellectuel, (ateliers manuels, jeux de mémoire, jardinage, ateliers cuisine, revue de presse, conférences, spectacles, jeux de société, gym douce, chant…) organisées par deux animateurs. La restauration est réalisée par la cuisine centrale de l'hôpital en liaison froide. Le tarif n'est pas excessif, les prestations complètes mais cet établissement situé loin de tout, donne un sentiment d'abandon. Vivement 2015 !
cf/ http://www.maison-retraite-selection.fr/
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Nevers - La Maison de l'Agriculture

15 Juin 2017 , Rédigé par education-programme

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Dans le cadre de la vente aux enchères de l’ancienne Maison de l’agriculture prévue mercredi 21 juin, deux visites publiques du bâtiment ont été organisées cette semaine.

Avant sa mise en vente aux enchères mercredi prochain, au tribunal de grande instance de Lille, l’ancienne Maison de l’agriculture a reçu quelques visiteurs en début de semaine.
Ces éventuels acquéreurs sont venus voir l’étendue des travaux à prévoir. Mais avec une mise à prix à 400.000 €, aucun des deux investisseurs qui se sont déplacés lundi ne semblait prêt à faire une offre. En effet, en 2012, le bâtiment avait été racheté par une société pour 1 € symbolique… Une entreprise actuellement en liquidation judiciaire.
« Acheter cet immeuble à 400.000 € ? Hors de question ! On va attendre que le prix baisse… beaucoup », lâche un chef d’entreprise neversois. Spécialisé dans la rénovation de bâtiment, l’homme est venu avec ses collègues pour visiter les différents étages. « Il y aura énormément de travaux à faire. Mais on pourrait par la suite convertir une partie du bâtiment en bureaux et l’autre partie en appartements. Avec des prix attractifs, ça pourrait marcher. »
Un autre investisseur serait également intéressé par le projet. Lundi, il était représenté par un agent immobilier. « Mon client est un entrepreneur nivernais qui envisage d’acheter pour rénover le bâtiment et le transformer en hôtel. »
Pour mener les visites publiques de ce bâtiment hors normes, les consignes étaient strictes. Maître Alexandre Lovato, huissier de justice a ainsi fait appel à un serrurier pour ouvrir la porte condamnée de l’immeuble. Après une visite à parcourir les neuf étages, le serrurier a de nouveau barricadé les issues. L’ex Maison de l’agriculture est en effet un lieu connu pour les squats ou les visites de curieux… Pour preuve, toutes les pièces sont dans un état épouvantable, les murs sont recouverts de graffitis, le mobilier est en lambeaux.
Lara Payet/ lejdc.fr
Nevers - La Maison de l'Agriculture
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Centre Maurice Rudolf

25 Avril 2016 , Rédigé par education-programme

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Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres
Le Centre Rudolf perd ses lettres

Le Centre Rudolf perd ses lettres

Le centre de gériatrie un peu avant la fermeture
Le centre de gériatrie un peu avant la fermeture
Le centre de gériatrie un peu avant la fermeture

Le centre de gériatrie un peu avant la fermeture

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Ecole des élèves infirmières

18 Janvier 2016 , Rédigé par education-programme

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lejdc.fr/ NIÈVRE > NEVERS 18/01/16 - 07H00
L’ancienne école de formation des élèves infirmières à Nevers vandalisée-

La destinée moderne des bâtiments inoccupés est d’être squattés. L’ancienne école d’infirmière de Nevers n’échappe pas à la règle. Mais le saccage est là systématique.
Alors que se déroulait la journée Portes ouvertes au nouvel Institut de formation en soins infirmiers de Nevers, rue du Donjon, les anciens locaux de la rue-Émile-Zola sont, eux, ouverts à tout vent toute l’année.
Objets de défoulement et de défonces en tout genre, les deux bâtiments, qui ont abrité l’école d’infirmières pendant une quarantaine d’années ne comptent plus une seule pièce épargnée par les saccages.
Pas une pièce qui ne soit saccagée !
Les bâtiments, propriété du centre hospitalier de Nevers et de son agglomération, ne sont plus utilisés depuis le printemps 2014. Ils sont à vendre. Rapidement squattés après que les étudiants ont intégré leurs nouveaux locaux, les entrées ont été condamnées à plusieurs reprises après des intrusions répétées. Mais des panneaux en contreplaqué sont de peu d’efficacité contre des vandales déterminés.
Jean-Christophe Henriet

 Photos/ Frédéric LONJON, Scotty GARNIER
 Photos/ Frédéric LONJON, Scotty GARNIER
 Photos/ Frédéric LONJON, Scotty GARNIER
 Photos/ Frédéric LONJON, Scotty GARNIER
 Photos/ Frédéric LONJON, Scotty GARNIER
 Photos/ Frédéric LONJON, Scotty GARNIER

Photos/ Frédéric LONJON, Scotty GARNIER

Petite session à l’Hôpital

* Bonjour Scotty et merci pour les photos. L’hôpital gériatrique de Pougues continue bien entendu de se dégrader, de se couvrir de nouveaux graffitis mais il reste encore quelques vitres intactes… Qu’en sera-t-il dans peu de temps ?
12/01/2016

Centre Maurice Rudolf

* Centre Hospitalier de Nevers - Annexe Centre Maurice Rudolf. En 1936, est crée un Laboratoire autonome confié, jusqu'en 1947, au Dr Maurice RUDOLF. A cette date, il demande à être déchargé de cette discipline, requérant temps, moyens et maintenant compétences...
06/04/2015

Centre de gériatrie de Pougues

* Comme chaque année, le Centre communal d'action sociale (CCAS) a gâté les 120 malades du centre de gériatrie de la commune. Jeudi, Chantal Thépénier, conseillère, et Jean-Michel Dupont, conseiller et membre du CCAS, accompagnés de Sophie Da Costa, animatrice...
08/07/2015

Un autre état d'esprit

* Au Japon les friches, autrement dit les "Haikyo", restent généralement dans l'état du jour de leur cessation d'activité. Les dégradations sont celles, naturelles, du temps. Peu ou pas de vandalismes et autres graffitis. Une question de culture sans...
29/07/2015

L'Argent public n'a pas de prix !

* Après le CNRS de Garchy, le Centre de Gérontologie de Pougues. La visite, en principe interdite, reste possible par le sous-sol mais il faut prévoir une lampe électrique. Constat : L'argent public n'a pas de prix mais, après tout, cela coûte moins cher...
05/07/2015
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Le chemin de Pontillard

1 Juillet 2014 , Rédigé par Michel Hannecart

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Un résumé bien court d’une rencontre, il y a maintenant 28 ans.

Lors du comice agricole de Saint-Saulge, en ce mois d’août 1986, Jacqueline et moi présentions quelques pièces de notre fabrication en compagnie d’autres créateurs invités par Monsieur Le Maire, le docteur Lopintho.

La journée s’annonçait douce, le ciel était clair et le carillon de l’église toute proche sonnait 10 heures, mais ce n’est qu’en fin d’après-midi que les curieux commencèrent à affluer et, avec peut-être parmi eux quelques clients. Deux femmes d’un certain âge, d’un abord très agréable et tirées à quatre épingles, se montrèrent intéressées par notre stand. Elles nous demandèrent si nous organisions des stages, par exemple pour des portraits. Ainsi, au fil de la conversation se construisit une connexion, point d’orgue d’un univers qui nous renvoie dans la plénitude du temps. Après un partage de paroles, de sourires, elles nous remirent une carte de visite sur laquelle figurait « Mathilde et Andrée R… ». La première, c’est-à-dire Mathilde, se présentait comme petite main chez Coco Chanel et la seconde, Andrée, comme chercheuse au CNRS, herboriste et grande admiratrice de Théodore Monod.

Nous les invitions donc à venir découvrir le Manoir de Pontillard et son environnement. Le dimanche suivant nous reçûmes leur visite avec au programme, un repas champêtre sous l’ombre d’un tilleul trois fois centenaire.

Enthousiastes, nous avions l’avenir devant nous. La journée s’annonçait radieuse, en couleurs influencées par les mille feux d’un soleil qui mangeait le ciel bleu. Tout en délicatesse, Jacqueline avait installé une table de prince où il ferait bon, sans aucun doute, de tenir le temps avec respect.

Andrée et Mathilde avaient cherché le chemin du Manoir sans remarquer son entrée mais elles avaient fini par trouver cet entre-deux monde, celui qui s’essouffle et celui qui ne garde que l’apesanteur d’un esprit calme et serein.

Avec Jacqueline nous sommes alors descendus main dans la main à leur rencontre. Mathilde, très digne, arborait un large chapeau haute couture couronné d’un voile mauve, elle portait un deux pièces très ajusté d’une couleur lilas et était chaussée de petites ballerines à lacets verts du plus bel effet. Andrée avait adopté une allure plus sportive, pantalon en lin et veste assortie. Que de beauté, c’est magnifique !, déclara Mathilde. Et Andrée de s’exclamer à son tour, c’est beau, oui très beau, métaphysique même ! Elle apprivoisait déjà sa soif de chercheuse. Le paysage était royal, nos pas chantaient le plaisir du partage qui ne manquerait pas de s’ouvrir sur un champ de découvertes.

Après le tour des lieux, nous allions pouvoir profiter d’une forêt d’asperges sauce moutarde, d’un lapin aux pruneaux et d’une salade de fruits à l’orange. Le tout arrosé d’un Sancerre blanc. Bon appétit ! Le café fut servi et, de paroles en paroles, nous apprenions que Mathilde et Andrée étaient deux sœurs sans mari, sans enfant, et qu’elles avaient en quelque sorte tout sacrifié à leur passion. Une dans la dentelle et les étoffes prestigieuses au service de la grande Coco Chanel, et l’autre se passionnant très tôt pour la botanique, la géologie et l’herboristerie. Andrée effectua de nombreuses observations, passionnée par la découverte de nouvelles espèces, avec ses convictions humanistes qui autorisent l’écoute du veilleur du monde…

Aujourd’hui encore, les souvenirs me reviennent, intacts, pleins d’émotion et de mélancolie pour Andrée et Mathilde qui furent deux sœurs, inséparables jusqu’à la mort en 1987.

Elles possédaient depuis de nombreuses années une petite chaumière dans les environs de Rouy, maison toute d’un charme de poupée que nous avons découvert en cet hiver 1986. Nous étions, Jacqueline et moi, confondus par tant de plantes différentes, surtout des moussues. Mais aussi par un labyrinthe d’iris dont les rhyzomes sont utilisés en parfumerie. Ce Noël 1986 fut également pour nous un enchantement, puisque n’ayant pas de chauffage au manoir, nous avions été pris sous les ailes de nos deux protectrices, ravies de notre compagnie au coin du feu. Chaque soir Andrée nous faisait un cours de paléontologie, expliquant la recherche des fossiles rares. A chaque instant, les cours se sont élevés, il était question d’un savoir qui expliquait le pourquoi du comment. Merci mes très chères amies de votre amour de la vie.

 

Expériences partagées et portraiturées par Jacqueline, Andrée et Mathilde ont bien sûr emporté les trois œuvres dûment signées et datées. Avant de nous quitter Mathilde remit discrètement à Jacqueline une enveloppe à n’ouvrir qu’après leur départ. Celle-ci contenait un chèque de dix mille francs représentant leur contribution aux deux artistes qui allaient bientôt prendre leur envol sous d’autres cieux.


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 Pontillard


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Sentier de Vie

18 Juin 2014 , Rédigé par Michel Hannecart

Sentier de Vie

Publié le 18 Juin 2014 - Joux-La-Ville le, 15/06/2014

Cher Marc,

Peut-être que mon chemin ne représente qu’un décor de souvenirs ?
Avant de partir en promenade en campagne et nous surprendre par tant de paix, je te livre un premier jet ; une approche, me semble-t-il, honnête de ce sentier de vie et de plaisir.

Il y aura toujours un sentier de vie, un ciel trop gris, un soleil sans retour, un effort à faire après le labour et les yeux de l’amour affronteront ceux du souvenir.
Ce sentier a tout pour nous conduire au plus près d’un partage. Bocage entre prés et marécages, passage étroit, pourtant une ouverture de lumière invite à mémoriser cette perspective incertaine.
Ce sentier rappelle un court voyage au pays du Vert-Vert, tout en ondulations, il révèle sa coulée d’émeraude qui évoque des sentiments d’un charme à l’immuable intemporalité.

Ce sentier n’est pas seul ! Il en est un autre : celui d’un univers où le vide se déchire, se sépare des bois et buissons. De branches en branches les ramures s’accouplent, se soudent et produisent d’étranges formes en suspension. Frisson du clonage, ce sentier nait et prend apparence pour mieux nous séduire avec sa multitude de feuilles plus belles, plus variées, plus vertes les unes que les autres.
Ce sentier, sorte de mère nourricière, possède l’Art et la manière de nous surprendre avec ses détours improbables et ses fondrières dissimulées. Au loin s’écoute le chant du Coucou savant et le grillon nous rassure de sa récurrente acoustique.
N’y aurait-il pas là une savante manipulation du vivant, entre ce que l’on croit voir ou entendre et ce qui existe vraiment ?
Sans doute, ce sentier des délices se trouve-t-il entre Bona et Saint-Saulges, site suspendu entre deux terres. Ce petit chemin reste dissimulé, protégé, il faut le mériter. A deux pas, sur la gauche, un autre sentier nous conduira à travers un théâtre de verdure, une ancienne voie du Taco, petit train qui faisait la navette entre Saint-Saulges et Nevers. C’est ici également que pointe, à quelques mètres de hauteur, la tour du Manoir de Pontillard…
 

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Dessin sur enveloppe kraft et carreau de faïence

Le Sentier des souvenirs 

 Comment ne pas réagir devant les promenades des sentiers que nous avions découverts, Jacqueline et moi, et qui nous furent ensuite commentés et animés par une amie, Andrée, chercheuse au CNRS sur le « Vivant des pieds sur terre ». Entre Bona et Saint-Saulge se cache ce trésor presque invisible que notre chercheuse, au plus près du sol, se mit à analyser en nous décrivant toutes sortes de plantes rares et, soi-disant, introuvables ailleurs.

C’est avec des pincettes, des journaux, des carnets que furent ainsi répertoriées des espèces en voie de disparition. Quant à Mathilde, petite main chez Chanel, elle mettait en page avec soin les meilleures trouvailles, les plus belles plantes, qui se trouvaient toutes dans un périmètre d’à peine cent mètres carrés.
Trouvés parmi les petites annonces du « 58 », Jacqueline et moi, nous nous sommes mariés tout près, à Saxi-Bourdon, petite commune où Monsieur Champion officialisa notre union en septembre 1986. Les amis, peu nombreux, nous ont accompagnés dans notre repaire d’aigle du Manoir de Pontillard où nous attendaient joies, découvertes, soupires et sourires… 

Descendre, monter le chemin de terre du manoir de Pontillard reste un émerveillement pour nos yeux ; à chaque passage c’est un plaisir pour le vivant qui ne rencontre pas d’obstacle pour son futur.
La découverte du sentier nous promettait des instants tamisés, satinés, un mariage organique que nous offrait le vent d’ouest, celui qui sème, projette et s’inspire des reliefs, ceux qui font grandir nos rêves.
Devant, derrière, cerné d’un dôme bleuâtre de toute part en harmonie, ce chemin de soleil glissait à jamais entre les vibrations et la passion. La marche gagne en émotion, en énergie et fleure bon la farouche volonté de retrouver une espèce végétale déjà répertoriée.
Ce sentier selon son rythme, compose, ajuste, accorde les pas du promeneur. Entre ces deux allées de bois de charme, on demeure ébloui par la volonté de prendre ici et là une coulée verte, miroir aux alouettes qui nous nourrit de son inspiration originelle. Les arrêts nombreux sont nécessaires pour surprendre et donner l’accolade à ces âmes bien gardées à la croisée des chemins. Savoir observer, regarder, toucher, reste l’antidote du perfectionniste qui sait que sa patience n’a aucune limite.
Ce sentier naturel, disponible, amoureux de nos randonnées, finit par nous pousser là où la passière est retenue par la rosée.
Nomades, nous sommes comme happés par la démarche de nos peintres impressionnistes. Sans bruit, la voie verte est tracée et les siècles n’altèreront en aucune manière cette aubade narrative. Il nous restera toujours le simple désir de faire corps avec le bruissement d’un brin d’herbe frêle qui se balance entre ciel et terre.
Ce petit chemin nous protège aussi des ombres sombres et humides, il nous invite à travers ses larges couloirs de plein air. Justement, c’est à l’orée de l’étang du Merle, couvert d’un chapeau de brume, que l’enchanteur nous promit l’apparition de l’être aimé. Ce sentier, révélateur d’odeurs qui nous enchantent en permanence, autorise un arsenal de tendresse, de convivialité ; sa perspective s’ouvre sans chercher le superflu et nous offre ses ombelles qui saupoudrent des pollens que le vent chaud éparpille en milliers d’étoiles.
Sentier des influences, prétexte au sentiment inconnu de la nuit, le croquis n’échappera pas au souvenir de ces soirées d’hiver au coin de la cheminée. Images mentales qui prennent possession de l’être, lequel court après l’écriture, fait son travail d’histoire alors que le peintre enchante le poète qui, lui, sèmera quelques mots pour faire partager ses sentiments. Tout au long des saisons les balades se succèderont avec les changements des couleurs, des odeurs.
Les bas côtés nourriront sans fin les taillis et les fougères. Ici les graminées, les giroflées et autres guimauves partageront encore les hauteurs du ciel. Les premiers pas timides du promeneur lui donneront à voir, à écouter cette délicieuse symphonie des herbes folles, des insectes volants, papillons et sauterelles, sans oublier les multiples structures souples des épeires, construites à la verticale, entre buissons d’épineux et genévriers.

Moments heureux, éphémères, transportés comme une couronne de ciel bleu, impénétrable métaphore du réel, les libellules s’agitent en grâce, leurs élégantes ailes translucides toutes vibrantes.
renaissance du visible dans un écrin romantique où les mystères de la vie règnent sur le vivant. Un martin pêcheur surpris par notre regard nous fit baisser la tête.
Mais le chemin est maintenant derrière nous. Plus avant se dessinent de grands arbres. Doucement nous approchons d’un marécage où des dizaines de grenouilles se mettent à faire « flic-flac » dans une mare d’eau saturée d’euphorbes vertes, d’ombelles, de fougères.
Accroupis dans un silence respectueux, heureux, l’or des boutons d’or nous enveloppait d’une rare beauté sauvage. En contrebas, derrière un décaissement, on apercevait les circonvolutions d’un petit cours d’eau nommé la Canne…

Publié le 7 Juillet 2014

C'est sous un ciel de feuilles mobiles, rempli d'odeurs sophistiquées que s'offre la Canne. Palpable, l'oxygène transporte la grâce de ce palais vert, ce bocage s'abandonne et inspire des reflets colorés sur la palette de l'artiste.
Rituel furtif d'un héron, passage de la belette et du putois, jusqu'au vol d'un hanneton suspendu entre deux vents, virtuosité de la nature vivante qui se déroule au plus près de nos yeux.
La Canne s'arrange, échange des larmes de couleur, des formes de toutes tailles. Fondamentale, la photo-synthèse s'échappe en atmosphère gazeuse. Attachées à la tige par le pétiole, les feuilles respirent et s'inscrivent en notre mémoire pour nous rappeler la marche feutrée du temps.

Au bord de la Canne
Après avoir préparé les perches de saules et monté les lignes, lancé quelques appâts, il nous fallait porter les accessoires afin de bien profiter de cette journée au bord de l'eau. On s'approchait de la Canne soit par le pré jouxtant le manoir de Pontillard, soit en passant par le moulin. Pour traverser cette marée de graminées compactes, hautes avec un sol très marécageux, il fallait se munir de bottes et se frayer un chemin entre deux murs en ruines. Armé d'une petite trique il était nécessaire, d'un coup sec, de couper la base des digitales, des diatomées, des chardons, des acanthes, des absinthes sans évoquer les quantités d'orties.
Lentement nous approchions de l'essentiel, du chant de l'eau rafraîchissant l'atmosphère. Nous arrivions au plus près du bord là où mousses et cressons sauvages ne partagent que la délicatesse agréable, celle qui procure un confort délicieux. Étrange sensation que celle de transporter notre corps au fil de l'eau, matière imprévisible où tout est en symbiose.
La Canne en filigrane s'occupe à fleur d'eau de ses galets polis, de quantités de souches, de graminées où reposent les libellules bleues. Il suffisait de retourner les galets pour se procurer les « portes-bois », ces larves de libellules qui sont de fameux appâts, très appréciés par les goujons et les ablettes.
Cela restait qu'une petite pêche à la ligne, dans les méandres d'une rivière du centre de la France. Mais c'est en cet endroit que le bonheur existe, accompagné de mille lumières phosphorescentes qui vous procurent la maladie d'amour : amour de ses berges qui retiennent les roseaux, les joncs, les algues longues, fines comme des fils d'anges.
Devant, derrière, les pieds à fouiller la vase, la vue toujours tendue sur la ligne, sur son bouchon juste en surface, là où s'écoulent un écrin d'eau et un souffle de vent...

Figuration d'un grand théâtre de vie, la Canne, légitime dans son orgueil, ne varie pas, ne s'écarte pas et marque son attachement avec ce qu'elle a de plus beau. La rivière rassure, surprend, émerveille, il faut la croquer, la savourer, l'aimer en secret, alors seulement nous nous souviendrons de ses jeux d'ombres, de ses remous, de ses écrevisses grises. Déjà le soleil tombait dans ses nuages vifs argent et l'horizon courrait ailleurs, autour d'un monde impossible à franchir.
De la virtuosité il n'y a qu'un pas ! Tout cela pour capturer et retenir nos rêves. La Canne, fine bande d'eau incrustée d'étoiles, prend ses aises et s'étire, se faufile ou parfois somnole. Mais la Canne veille éternellement sur son fil de soie et nos souvenirs.

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