C'est la vie ! Images d'archives

Qu'est-ce que l'art académique ?

3 Octobre 2012 , Rédigé par education-programme

 

Exposition Pougues11v

 

Exposition Pougues12v

 

Exposition Pougues6v

 

Exposition Pougues9v

 

QU'EST-CE QUE L'ART ACADEMIQUE ?

Les règles académiques
Pour satisfaire aux exigences de l'Académie, diffusées essentiellement à travers l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts et confirmées par les différents concours et par le jury des Salons, les peintres devaient respecter un certain nombre de principes.
- Respecter la "hiérarchie des genres"  énoncée par Félibien, architecte et théoricien du classicisme français en 1667. La hiérarchie des genres considère la peinture d'histoire comme le "grand genre". Prennent place dans la peinture d'histoire les tableaux à sujets religieux, mythologiques ou historiques qui doivent être porteurs d'un message moral. Viennent ensuite, en valeur décroissante, les scènes de genre, les portraits, puis le paysage et enfin la nature morte. A cette hiérarchie correspond une hiérarchie des formats : grand format pour la peinture d'histoire, petit format pour la nature morte.
Cette hiérarchie, maintenue par l'Académie, perdure pendant tout le XIXème siècle, mais elle sera progressivement remise en cause. Dans son compte-rendu du Salon de 1846, Théophile Gautier constate déjà que : "Les sujets religieux sont en petit nombre, les batailles ont sensiblement diminué, ce qu'on appelle tableau d'histoire va disparaître... La glorification de l'homme et des beautés de la nature, tel paraît être le but de l'art dans l'avenir".
- Affirmer la primauté du dessin sur la couleur :
La reconnaissance de cette primauté remonte à la naissance des Académies. Il s'agissait alors de mettre l'accent sur l'aspect spirituel et abstrait de l'art : le trait ne se rencontre pas dans la nature. L'artiste l'utilise, ainsi que les contours et l'ombre, pour créer l'illusion des trois dimensions sur une surface plane. Quant à la couleur, présente dans la nature, donc concrète, elle est confinée dans un rôle secondaire et son apprentissage n'est pas jugé nécessaire. "Le dessin comprend les trois quarts et demi de ce qui constitue la peinture" affirme Ingres.
- Approfondir l'étude du nu :
Cette étude s'appuie sur un travail à partir de la sculpture antique et du modèle vivant. Il ne s'agit pas seulement de copier la nature, mais en principe de l'idéaliser, conformément à l'art antique et de la Renaissance. Le dessin du corps humain est l'expression supérieure et l'incarnation de l'idéal le plus élevé.
- Privilégier le travail en atelier par rapport au travail en plein air, sur le motif :
Si cette dernière pratique est tolérée, c'est dans l'exécution de croquis et d'ébauches réalisés et à seule fin d'être utilisés ensuite en atelier dans les grandes compositions.
- Réaliser des oeuvres "achevées" :
Il faut que les oeuvres aient un aspect fini. Pour cela leur facture doit être lisse et la touche non visible. Ingres note : "La touche, si habile qu'elle soit, ne doit pas être apparente : sinon elle empêche l'illusion et immobilise tout. Au lieu de l'objet représenté elle fait voir le procédé, au lieu de la pensée elle dénonce la main".

Une critique qui arrive tôt !
Le mot "Pompier" synonyme avec dérision d'art académique apparaît selon le Robert en 1888, ce vocable englobe le néoclassicisme, l'éclectisme, l'orientalisme et le "Victorian-neoclassicism" anglais et, plus généralement, toute peinture figurative de facture soignée avec figure humaine . Il semble que cette dénomination d'art pompier provienne d'une plaisanterie d'élèves des Beaux-Arts, qui auraient comparé les casques grecs ou romains des guerriers du répertoire néoclassique à des casques de pompiers.
D'autres hypothèses : contraction, toujours par dérision, du courant "pompéien" de Pompéi, formé par J.L. Gérôme dans les années 1850.
"Qui éteint le feu" par allusion à l'académisme qui, pour certains, a tout éteint.
Dans pompier, il y a aussi bien entendu l'homonymie avec pompe, pompeux.

Partager cet article

Commenter cet article

AMÉLIE DE CHAISEMARTIN 29/01/2015 18:01

Cher Monsieur,

Merci pour votre lecture ! La conclusion portait sur l'impression produite par ces photographies (et donc, peut-être sur ce qu'elles nous disent), non sur l'art académique en lui-même, sur lequel je me garderais de porter des jugements hâtifs. Il s'agit ici d'un commentaire de la mise en scène de l'art par la photographie, non de la pratique artistique elle-même, mais la forme de cette conclusion est sans doute trop lapidaire.

Avec mes sentiments les meilleurs,
Amélie de Chaisemartin

Le 29 janvier 2015 13:15, marc verat a écrit :

Bonjour Amélie, - Joli prénom Fin de siècle -

J'ai lu avec intérêt votre avis.
La conclusion me semble toutefois un peu convenue : " Ces photographies fin de siècle, en représentant la vanité d’une peinture et d’une sculpture fondées exclusivement sur la ressemblance..."
Rien n'est vraiment simple, l'art académique, si souvent mis à l'index, est capable d'imaginer bien davantage que celui des impressionnistes, voire même d'innover dans sa technique. La fantaisie, comme d'ailleurs vous le notez, y reste très présente.
http://verat.over-blog.com/search/atelier/

Avec mes meilleures salutations,
M.VERAT


AMÉLIE DE CHAISEMARTIN
Portrait de l’artiste en bourgeoissur : Portraits d’ateliers. Un album de photographies fin de siècle, édité par Jérôme Delatour, Cédric Lesec & Pierre Wat, Grenoble : Ellug, coll. « Iconographie en débat », 2014, 224 p., EAN 9782843102653.