C'est la vie ! Images d'archives

ENFERMEMENT !

29 Mars 2013 , Rédigé par Michel HANNECART

 

Déjà le temps avance tout en secret, alors c’est presque parfait.

 

Le long de la coursive il y a les porte-voix, le bruit des clefs parfois. Il y a des échanges, des engrenages, des passages entre un inévitable polissage du jour qui se dépouille d’un enfermement fabulateur. Un face à face dans la glace vous renvoie à cette idée d’espérer la liberté.

Ce monde coupé en deux, le visiter c’est bien ennuyeux ; d'une journée entrecoupée de grisaille il ne reste qu’un épouvantail.

L’enfermement se résume à une ombre, un numéro : 10 460, c’est le bonheur qui sombre, incomplet, anonyme, dépouillé comme un pamphlet.

L’enfermement vous use en pensées, en idées, en réflexions ; c’est également la mémoire en sourdine qui s’agite, vocalise et finit par se ruiner…

 

Me revient un voyage en Belgique, Bruges, la Venise du Nord m’envouta avec cet espace médiéval, rare, puisque non touché par la guerre. Et ce peintre flamand Memling, au style doux et serein, avec ses portraits calmes et ses compositions religieuses, reflets d’un enfermement recherché ? Avec une membrane, un voile qui transpire la métaphysique. Ici, le temps n’a pas d’importance, il n’y a que l’approche de la réflexion philosophique avec pour objet, sans doute, la connaissance de l’être. Le peintre est ! Mais je m’égare avec des choses qui nous prouvent que nous ne sommes pas grand-chose et peut être est-ce mieux de ne pas trop penser et se taire.

Mais là encore il y a les ordres de la nature, de notre conscience, où on reste à côté du crime et de la résilience. Mais est-ce vraiment un enfermement, l’enfer s’empale dans le non-dit, entre l’oubli et les jeudis, ceux d’une enfance qui est hors du temps avec la honte qui va avec.

Il ne restera que ce que l’on veut bien garder : le temps, les saisons, la religion, la prison, tout cela demeure cyclique, sans début ni fin, mais tout de même ce qu’il y a de plus cruel, c’est que nous sommes tous mortels, cela nous avons tendance à l’oublier. Alors méditons !

 

Dans ce monde chacun fait ce qu’il peut, le succès est parfois un mauvais génie – la mauvaise monnaie chasse la bonne. Nous sommes entre la culture de l’extrême communication et le sauve qui peut. C’est en somme l’esprit du trop plein ou du trop vide.

De l’enfermement on oublie rien de ce qui paraît effacé et de gratter le ciel ne prolongera pas l’instant d’une tendresse, d’une image égarée. Même au plus fort de l’attente - non pas de la solitude - l’homme est en mesure de s’humaniser, de devenir plus civilisé. La valeur humaine reste au-dessus des autres valeurs : tombé sept fois, relevé huit, à chaque temps de la vie il y a résurrection.

 

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