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Ecole de Paris

10 Mars 2014 , Rédigé par education-programme

 

Les années soixante représentent incontestablement des années fastes pour tous les types de peinture ; à tous points de vue, celui de la diversité dans la création comme celui, plus prosaïque, de la commercialisation. La locution « art contemporain » reste alors complètement inconnue, les sculptures ne sont pas des installations et les peintures abstraites pas encore minimalistes. Les champs d’expression artistique restent respectueux des genres et ne se sont pas multipliés à l’infini comme aujourd’hui.
Quelques jeunes artistes peuvent même avoir l’opportunité de signer un contrat d’exclusivité, à l’image de celui inauguré, dès les années cinquante, par Bernard Buffet avec Emmanuel David et Maurice Garnier.

 Outre Bernard Buffet, quels sont les artistes dont on parle - même dans Paris Match ?
Bien entendu en premier lieu de Picasso suivi par Dali et de quelques autres, plus ou moins jeunes, de ladite « École de Paris »
« École de Paris » : une appellation bien commode et quelque peu fourre-tout, avec pour référence et surtout pour le folklore : Vlaminck, Utrillo et Foujita.

Aujourd’hui cette expression recouvre plusieurs acceptions. Dans son Dictionnaire des peintres de l’École de Paris (1993), Lydia Harambourg justifie l’emploi de l'expression par la continuité qu’elle permet d’établir entre les différentes phases de développement de l’art moderne de la part d’artistes ayant eu Paris pour résidence. Ce terme ne qualifie pas une école ou un courant particulier, mais près d’un demi-siècle de peinture à Paris et la suprématie de la capitale en matière d’art jusque dans les années soixante.
L’expression a été ensuite parfois détournée pour définir une esthétique figurative nationale ; elle prend alors une connotation péjorative dans le vocabulaire de la critique qui l’oppose à la plus récente École de New York.

Et les marchands dont on parle ?
Paul Pétridès (1901-1993), et Fernand Legros (1931-1983).
Rien, ne prédisposait spécialement Pétridès à devenir galeriste et, pas davantage, Maurice Utrillo (1883-1955) à devenir artiste, excepté son hérédité, puisque sa mère Suzanne Valadon était elle-même peintre. C’est elle qui en 1900, lassée des frasques de son fils, va décider de son destin. Maurice est alcoolique, vient de sortir de l’hôpital psychiatrique, sa mère, en désespoir de cause lui mettra un pinceau entre les mains. L’association Pétridès – Utrillo conduira à la célébrité que l’on sait.
Pionnier de ce que l’on baptisera « l’École de Paris », Maurice Utrillo ouvre la voie à une peinture populaire, facile à comprendre, en opposition avec le goût pompeux et bourgeois de l’époque.
Il peint La ville, et souvent d’après cartes-postales. Paris et plus précisément Montmartre.

L’autre marchand, le sulfureux Fernand Legros, un ex-danseur de ballet, qui fréquenta ensuite l'École du Louvre. Legros fait, dans les années cinquante, la connaissance du hongrois Elemer Hoffman, faussaire en tous genres et spécialiste des fausses signatures, avec qui il monte une affaire d'escroquerie de lithographies de grands peintres.
Suite à la vente d'un faux Toulouse-Lautrec en 1963, Fernand Legros fera irruption sur la scène de l'actualité judiciaire et attirera l'attention des médias. Il sera finalement condamné en 1970 pour vente de faux tableaux.

Des galeries parisiennes ont soutenu plus sérieusement l’École de Paris : les galeries Suillerot, de l'Élysée, Bernier, Drouant-David, puis Maurice Garnier. Sans oublier Jean Minet de La Galerie d'Art de la Place Beauvau qui exposera par ailleurs, à plusieurs reprises, des représentants de l’École de La Charité, une véritable école, au sens propre, que celle-ci.

http://pierre-dancette.over-blog.com/


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