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Bombardement du 16 juillet 1944

4 Avril 2016 , Rédigé par education-programme

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L'opération des Alliés visait le réseau ferroviaire et a fait 163 victimes civiles.

Le 16 juillet 1944, entre 1h45 et 2h09, une pluie de bombes a été larguée sur la cité ducale. Essentiellement sur le site de la gare ferroviaire, mais aussi sur différents quartiers de la ville. Ces derniers n’ont pas été volontairement ciblés, mais véritablement victimes d’erreur d’appréciation, de confusion autour du balisage au sol de l’opération aérienne.
Neutraliser la gare
Les conséquences ont été tragiques. Cent soixante-trois Neversois ont péri, auxquels se sont ajoutées vingt-une victimes parmi les soldats allemands.
Partis de différents aéroports britanniques, pas moins de 104 bombardiers Avro Lancaster III et I et quatre bimoteurs DH Mosquito chargés du marquage au sol, se sont présentés sur Nevers cette nuit-là. Une impressionnante armada volante, dont la formation s’étirait sur quatre-vingts kilomètres de longueur.
Les recherches historiques et militaires les plus récentes de l’association Nièvre aux Armées, menées sous l’impulsion de Jean-Luc Culié son président, viennent en contrepoint définitif à quelques thèses anciennes. Le bombardement de certains quartiers de la ville ne faisait absolument pas partie des objectifs de la mission. Il fallait « neutraliser la gare ». Qui plus est, selon les rapports de retour de mission des pilotes, Nevers n’abritait pas de Fliegerabwehrkanone (FLAK), canon antiaérien allemand. La seule riposte venant du sol s’étant manifestée par des tirs d’armes légères…
 
Le commandant de cette opération aérienne a été confié au Wing Commander Porter. Cette attaque s’inscrivait dans une opération d’ensemble afin de détruire les points stratégiques, en l’occurrence ferroviaires et de ralentir d’autant la remontée des troupes allemandes, vers le front de Normandie qui, pour les forces alliées, n’était pas encore stabilisé.
Le bombardement des gares, comme à Nevers, a été effectué essentiellement avec des bombes à retardement (lighting delayed bombs), réglées jusqu’à 144 heures pour certaines. L’objectif étant, qu’effrayés par l’effet “cascade” des éclatements imprévisibles, les Allemands ne puissent pas remettre en état les routes ou voies détruites.
Au final, suite à d’importants décalages à l’est du point principal d’objectif liés à des erreurs de balisage au sol, les dégâts aujourd’hui dits collatéraux, ont été très importants. Touchant plusieurs quartiers du centre-ville neversois : École Normale, cathédrale, lycée… Puis l’avenue de la Gare, le journal La Tribune, la Maison du Peuple, le garage Peugeot, la Chaumière, les abords de la Porte du Croux… L’impact sur la population civile a finalement été très important. Un objectif militaire, au final, au lourd tribut humain de 163 personnes.
 
jean-michel.benet@centrefrance.com
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
Bombardement du 16 juillet 1944
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