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Avant le Centre d'art, l'APAC à Nevers

26 Octobre 2015 , Rédigé par education-programme

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APAC rue des Tailles 58000 Nevers

Créée en 1983 à Nevers, l’Apac-centre d’art contemporain (Association pour l’art contemporain) a organisé des expositions jusqu’en 1997. Malgré les subventions attribuées par ses différents partenaires (Ministère de la Culture, Conseil Régional de la Bourgogne, Conseil Général de la Nièvre, Ville de Nevers) et ses recettes propres (adhésions, vente de publications, mécénat), l’association est difficilement parvenue à assurer sa survie matérielle. Toutefois, malgré une dizaine de changements d’adresse en quinze ans, elle a su réaménager chaque espace en véritable centre d’art tout en recevant une certaine reconnaissance, locale et nationale, voire internationale, de la part des artistes, de la presse et du public. Vivant une période militante de l’histoire de l’art contemporain en France, l’Apac a pour objectif de créer des expositions inédites reflétant les recherches artistiques actuelles, de promouvoir des artistes et plasticiens encore méconnus, et plus généralement d’apporter un soutien à toute initiative relevant de l’art contemporain (cycles de conférences, formation artistique pour les enseignants, visites guidées ouvertes à tous). Dans les années 1990, elle a notamment contribué à mettre au devant de la scène des artistes se rattachant aux pratiques de l’art relationnel comme Dominique Gonzalez-Foerster, Pierre Huyghe, Henry Bond, Angela Bulloch, Liam Gillick, Lothar Hempel et Philippe Parreno. Bien avantDeux fois la même ville, Nevers fut donc parcourue par un grand nombre d’artistes de renommée internationale dont John Armleder, Daniel Buren, Sophie Calle, Gloria Friedman, Felice Varini, Bertrand Lavier, Christian Boltanski, Wim Delvoye...


En 1983, Yves Aupetitallot préside le premier bureau de l’association composé de Raymond Blard, Bernard Delosme, Bruno Parfait et de Julien Uribe. La première exposition, "Le Paysage en quatre états", est présentée au mois de décembre dans les locaux de la Maison de la Culture de Nevers.
En 1984, l’Apac propose l’exposition "Pour vivre heureux, vivons cachés" qui a la particularité de se dérouler dans une dizaine d’appartements privés.
En 1985, l’exposition "Little Sparta & Kriegshatz" est présentée à la Chapelle Sainte Marie. Par la suite, le centre d’art s’installe au boulevard De Lattre de Tassigny, dans un ancien local commercial à la périphérie de Nevers, pour y exposer Helmut Federle et Christian Lindow, ainsi que Sophie Calle.
En 1986, dans un nouvel espace du centre ville, le bâtiment de l’Ancienne Cour des Comptes, il accueille Daniel Buren et Felice Varini, Claude Lévêque, Marie Bourget et présente une sélection d’œuvres du FRAC Bourgogne. A la suite d’une exposition de John Amleder et Olivier Mosset, l’association déménage à nouveau en 1987 et s’installe dans un espace industriel, rue des Tailles. Un nouveau bureau, présidé par Bernard Delosme, prend ses fonctions et ouvre sa programmation par une présentation des œuvres d’Alain Séchas.
En 1988, huit photographes allemands participent à "Fotografen". L’Apac présente également Jan Van de Pavert, l’exposition "Jeunes artistes de la Nièvre", Michael Bach, Daniel Schlier et Manfred Sternjakob.
En 1989, l’association ajoute à son programme Pascal Convert, Hubert Duprat, ainsi qu’une deuxième présentation d’œuvres du FRAC Bourgogne. C’est au tour de Patrice Warnant, élu au mois de juin, de prendre la tête du bureau. Il inaugure sa présidence par le projet "Ozone" dont les commissaires sont Jean-Michel Roudier et Éric Troncy. Cette exposition est particulièrement bien reçue par le milieu artistique. L’évènement "Fax of Life", invitant près de deux cent cinquante artistes à présenter leurs faxs, clôture l’année 1989.
En 1990, Eric Troncy propose une programmation ambitieuse et cosmopolite avec l’exposition collective "Avec", la présentation des œuvres de Ian Hamilton Finlay et Simon Cutts, de Charly G. Simonds, d’Angela Bulloch, de James Casebere et de jeunes artistes nivernais.
En 1991, l’Apac présente deux grandes manifestations : "N°06" et "French Kiss II". "N°06" expose des photographies d’Henry Bond et Liam Gillick, une sculpture de Xavier Veilhan, des installations de Pruitt-Early, ainsi que "The Apac Archive Project", un projet réunissant des œuvres originales de soixante dix artistes réalisées à partir de boîtes d’archives. Quant à la manifestation "French Kiss II", seconde partie d’une exposition proposée à Genève en 1989, elle montre treize jeunes artistes français.
En 1992, Elein Fleiss devient directrice artistique. Elle lance l’Opération HLM avec Valérie Pigato et Claude Lévêque qui exposent leurs œuvres, rue Ernest-Renan, dans deux appartements destinés à être réhabilités.
En 1993, de nombreux projets collectifs sont présentés tels que "Stories & Video", une série d’expositions vidéo qui durent le temps d’une soirée, "Manifesto", une exposition de posters et "Shopping", une exposition présentée dans des vitrines de magasins vides de la ville de Nevers. A partir du mois de juillet, l’Apac invite Jutta Koether, Stéphane Magnin et Bernard Joisten.
En 1995, Sabrina Grassi succède à Elein Fleiss au poste de directrice artistique. L’Apac s’installe dans le centre ville au 15, rue du fer. Ces nouveaux locaux offrent la possibilité de mettre en place une médiathèque multimédia spécialisée en art. Jean-Pascal Princiaux inaugure le lieu avec "Une Volonté de fer", il reçoit également une commande de la ville pour "N’oublie jamais Nevers Nevers", un portrait monumental des neversois.
En juillet 1996, déplorant les lourds problèmes financiers rencontrés par l’association et le manque de subventions, Patrice Warnant démissionne. Il cède la place à Jean-Paul Guy qui devient alors le nouveau président.
Au début de l’année 1997, l’Apac intègre les locaux de l’ancienne Chambre des Métiers. Elle y présente ses dernières expositions : Georges Tony Stoll, "Tendances", Monica Machado, Jean-Michel et Vidya.
(Historique rédigé par Morgane Mignon en Master1 Lettres, Université Rennes2, 2014)

Claude Lévêque a habité Le Banlay dans son enfance - ph/ Christophe Masson

Claude Lévêque a habité Le Banlay dans son enfance - ph/ Christophe Masson

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