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Thomson Frigéco

11 Avril 2015 , Rédigé par education-programme

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Lucien Crocfer

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Jean-François Perret 27/11/2016 09:41

Lucien Crocfer fut, sans doute, le premier ou le deuxième directeur nommé à Nevers par Thomson, après le rachat du site Borswick. Mais il n’a jamais pu entrer dans l’usine. Sa petite-fille témoigne.
L’histoire commune de Lucien Crocfer et de la Thomson a duré vingt ans. Et s’est terminée à Nevers face à des soldats allemands en armes. Un épisode méconnu dans la “saga” du site industriel. Micheline Pasquet, la petite-fille de Lucien Crocfer, entretient la mémoire de cette douloureuse page qu’elle a aussi vécue, enfant.

1940 - Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, Lucien Crocfer, cadre chez Thomson-Ducretet de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), apprend sa nomination à la tête du site neversois Thomson-Houston, l’ancienne usine Borswick, de soie artificielle, rachetée quelques mois plus tôt.
Thomson-Ducretet est une sorte de “seconde famille” pour Lucien Crocfer. Il y est entré en 1920. Alors, bien sûr, il accepte cette promotion. Et, au printemps, embarque dans sa nouvelle aventure professionnelle sa femme Germaine, sa fille Lucienne, sa petite-fille Micheline Pasquet et son petit-fils Guy. Le trajet de Gagny (Seine-Saint-Denis) où résident les Crocfer à Nevers s’effectue à bord de la voiture familiale, une Rosengart, belle berline de facture française.
« Là, un Allemand lui a dit : vous ne pouvez pas rester à Nevers comme ça avec votre famille. Repartez à Neuilly ! »
Comité d’accueil inattendu - À son arrivée à Nevers, le nouveau directeur décide d’aller voir la maison de fonction qui lui est attribuée. Il est impatient et c’est logique de bien loger sa petite famille. Mais sur place, le comité d’accueil est des plus inattendus. Lucien Crocfer se retrouve « en face de soldats allemands, arme au poing ». Il n’a pas été prévenu d’un détail : l’ennemi occupe l’usine.

Lucien CROCFER en 1940. Il vient d'être nommé directeur du site Thomson de Nevers. A son arrivée à Nevers, il est repoussé par des soldats allemands armés. Il ne pourra ni prendre ses fonctions, ni percevoir son salaire, ni habiter son logement de fonction.
Privé de toit, Lucien Crocfer est aussi dans l’impossibilité de remplir ses nouvelles fonctions dont il ne touche donc pas les émoluments. L’occupant lui interdit l’entrée de l’usine Thomson. « On s’est retouvé dans la cave d’une maison située sur une rue pentue montant à la cathédrale, avec d’autres réfugiés », raconte Micheline Pasquet.
La situation ne s’améliore pas. Les Crocfer ne connaissent personne à Nevers. Ils sont dans le désarroi et le dénuement le plus total. Le directeur sans usine décide de se rendre, avec son petit-fils, à la Kommandantur « pour demander des renseignements », explique sa petite-fille. « Là, un Allemand lui a dit : vous ne pouvez pas rester à Nevers comme ça avec votre famille. Repartez à Neuilly ! » Court silence, puis Micheline Pasquet ajoute : « Le soldat lui a donné un bidon d’essence pour le trajet ». Retour à Neuilly-sur-Marne. Sans doute croit-il réintégrer facilement la Thomson à Neuilly. Lucien Crocfer ramène donc sa famille et sa douleur en Seine-Saint-Denis. Il ignore que l’usine de “La Maltournée” bien nommée dans ce contexte si particulier est, elle aussi, entre les mains des Allemands. « Il s’est retrouvé sans travail. » Quand le sort s’acharne…

Jean-François Perret
jean-francois.perret@centrefrance.com

Dominique Souverain/ lejdc.fr 20/10/2015 11:44

C’est dans cette maison, une ancienne épicerie de la rue Francis Garnier, qu’est né Roger Lardrot, il y a 86 ans.
Le Tacot, l’usine Alfa-Laval, les établissements Chuet, les bistrots, les bals et les fêtes dans la rue. Roger Lardrot, qui vient de fêter ses 86 ans, a toujours vécu au Tonkin, un quartier ouvrier autrefois animé. Petite visite entre émotions et souvenirs.
Roger Lardrot, qui habite depuis toujours dans ce coin de Nevers, fêtait cette année ses 86 printemps. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, il s'est lancé, ce jour-là, dans une visite commentée de son quartier avec Monique, son épouse et les reporters du Journal.
Le saxo du Boléro
Roger Lardrot n'est pas un inconnu de la vie neversoise trépidante. Pendant de longues années, il a animé quantité de bals populaires avec l'orchestre Boléro. Avec son saxophone, il a enchaîné les soirées dansantes et les animations dans les guinguettes de la cité. « Après la guerre, les gens avaient envie de s'amuser et de danser. C'était une nécessité. Il y avait de l'ambiance partout. Même ici, au Tonkin », explique t-il « Lors du bal du quartier, les gens dansaient même au milieu de la rue Francis Garnier, fermée à la circulation. Il y avait des tables et des chaises sur les trottoirs. C'était vraiment chouette ».
De son enfance, il garde en mémoire sa maison natale, située à deux pas de son domicile actuel. A l'angle des rues Hanoï et Francis-Garnier, elle est toujours là. L'occasion de montrer aux occupants actuels une vieille photo en noir et blanc, quand le bâtiment abritait l'une des quatre épiceries du quartier. Son épouse Monique se souvient aussi de la vie commerçante : « Outre ces quatre épiceries, il y avait trois bistrots, un boulanger et un boucher. Bref, on avait tout sur place. Aujourd'hui, il reste un petit commerce d'alimentation bien pratique, une boulangerie, une coiffeuse, et c'est tout. Le bar-tabac-presse du Tonkin est en effet fermé depuis plusieurs mois pour une histoire de bail. Nous espérons qu'il pourra rouvrir ses portes ».
Du passé, Roger Lardrot se souvient des jardins et des fermes : « Il n'y avait pas toutes ces constructions. Il y avait la ferme Rapin, qui partait de la rue d'Hanoï et occupait tout le secteur de La Motte, là où il y a tous les bâtiments aujourd'hui. Rue Paul-Bert, il y avait la ferme Galpier, avec des champs rue Francis-Garnier et rue Noël-Pointe. Et puis aussi la ferme Gay, rue d'Hanoï, sur l'emplacement des usines Alfa-Laval, avec des champs rue du Gué, à l'emplacement du terrain de l'Olympique Thomson et aussi rue d'Hanoï, là ou se trouve actuellement la Chambre des Métiers. C'est d'ailleurs sur cette place que s'installait chaque année le cirque Gleich. Il y avait des éléphants, des lions... C'était incroyable ! ».
Breloux, puis Chuet
Côté travail, Roger Lardrot a aussi privilégié son quartier, puisqu'il a occupé divers postes chez Chuet, la référence mondiale des machines à bois. Les frères Chuet ont d'ailleurs déposer de nombreux brevets : « Je ne travaillait pas à l'usine de la rue d'Hanoï (où il y a eu le magasin Batag), mais rue des Grands-Près, pas très loin. J'avais commencé apprenti chez Breloux, qui fabriquait des batteuses, rue de Lourdes, face au Parc. Pour Chuet, je suis parti dans de nombreux pays, en qualité de représentant ». La mémoire intacte, Roger Lardrot posséde aussi quantité de documents, bien rangés dans des classeurs, et de nombreuses photos du Vieux Nevers. « Je regarde le passé sans nostalgie ».
Dominique Souverain